Comme on parcourt le paysage du haut de la montagne sans en voir la base, l’humain – trônant au sommet de la chaîne alimentaire – regarde l’horizon sans apercevoir ceux qui sont plus bas.
C’est la réflexion que je me suis faite récemment en me demandant comment il était possible que nous ne réagissions pas plus aux malheurs des écosystèmes, espèces menacées ou autre problèmes écologiques de notre époque. Pourtant, qui ignore que nous dépendons des plantes, des animaux et des cours d’eau pour survivre?
En tant que nouveau roi de la jungle, l’humain arrache la vie à ses proies. Enfin, plus ou moins directement de nos jours, puisque peu d’entre nous chassent pour se nourrir. Après des générations, il semblerait que le sacrifice de ces bêtes ne soit devenu qu’un acte banal. L’idée que nous sommes dépendants de la vie d’un animal pour assurer la nôtre a basculé : la fonction première de l’animal est de nous nourrir. Sa vie n’a d’autre sens, ni d’autre valeur.
Alors, pourquoi se soucier des alligators, des bélugas, des chauves-souris? Nous n’en mangeons pas, ils ne sont donc pas utiles! On peut substituer la notion alimentaire par celle monétaire. Une espèce dont nous ne tirons pas profit ne mérite pas d’être protégée.
Et lorsqu’on passe de la chaîne alimentaire à la chaîne économique, l’idée de prédateur est encore plus pernicieuse… Un humain dont on ne tire pas profit (ou qui nuit au profit) mérite-t-il quelque considération que ce soit?

