Travail autonome et motivation

29 avril 2008

Mon bureau fait moins de 200 pieds carrés. Deux postes de travail, trois cabinets muraux, une bibliothèque, un classeur, deux imprimantes, un scanneur, un garde-robe plein de patentes, une fenêtre, quatre plantes, deux babillards. Un téléphone aussi.

Mon poste de travail est enseveli sous la paperasse et les gadgets électroniques que j’oublie de ranger et qui finissent par se perdre entre deux dossiers, avec mes crayons préférés.

Les piles des projets ont fini par fusionner, ce qui n’est pas très pratique.

Ma boîte de réception d’Outlook débordait de courriels non classés.

Et ma liste de choses à faire s’allongeait considérablement. Tout y est urgent, il va sans dire.

Pourtant, tout l’avant-midi, j’ai classé des courriels, travaillé sur un truc par urgent du tout, téléphoné à mon chum au travail sans but précis.

La liste et ses nombreux points et sous-points m’implorent de leur porter attention. Ils savent mieux que moi que si je ne m’occupe pas d’eux, chaque point risque d’en souffrir un peu (ou beaucoup).

Le café n’a rien changé.

Écrire sur mon blog ne faisait pas partie de la liste.

Travailler de la maison, c’est chouette 80 % du temps. Mais les 20 % où la motivation s’absente, ce n’est pas joyeux.

Et on dirait qu’elle trouve le moyen de prendre congé quand l’horaire est le plus serré! Comme si je pouvais me passer d’elle quand l’agenda craque de partout!

L’aquarium aurait peut-être besoin d’un petit ménage.

Les CD sont en désordre, je pourrais les ranger en ordre de couleur…

Définitivement, ça ne semble pas vouloir s’arranger pour aujourd’hui!


Le flirt, version scientifique

25 avril 2008

La science est votre amie? « Bof, pas vraiment, plutôt l’amie d’un ami, une vague connaissance… On se croise de temps en temps… »

Passeriez-vous 24 heures avec elle? Passeriez-vous la nuit avec elle si vous le pouviez?

Bon, sans trop pousser, pourquoi ne pas aller la visiter un peu plus souvent?

Pour la 3e année consécutive, le Québec a la chance de flirter avec la science pour 24 heures. Un peu partout, du Saguenay à Victoriaville, de Rimouski à Gatineau, la science se fait belle et se prépare à vous recevoir.

Il y a des activités pour les petits, les ados, les grands, des conférences, des visites, des ateliers, des films, des expositions… C’est comme la journée de la culture, mais pour la science.


Se complaire dans la bêtise

22 avril 2008

Le réseau NBC a diffusé un reportage sur l’exposition de deux familles à une liste de produits chimiques. Les Verts contre les Bruns. Les Bruns représentent bien sûr la majorité des Américains, majorité qu’il ne faudrait surtout par trop réveiller. Mieux vaut les rassurer en prétendant que leur confort est sécuritaire… même si au fond…

Les Verts : végétariens, consommateurs biologiques, maison écologique. Ils sont encore plus fervents que Laure Waridel.

Les Bruns : pizza et produits commerciaux, maison pas du tout écolo, beaucoup de viande.

Ils font des prises de sang et détectent à peu près les mêmes substances dans le sang des deux familles, mais à des concentrations très différentes.

Verts Bruns
# produits détectés 42 43
Phtalates Bas ou moyen Moyen ou élevé
PFC (antiadhésifs) Bas Bas ou moyen Jusqu’à 3 fois plus élevé que les Verts
Triclosan Traces Bas ou moyen
Bisphenol A Moyen ou élevé Bas ou moyen
Parabens Femmes : moyenHomme : bas Femme : moyen, 4 x plus élevé que Verts Hommes : bas
Plomb Adultes : moyen Adultes : bas

Si on compare, on constate que le bilan est nettement plus intéressant pour les Verts, sauf pour le BPA et le plomb. Le BPA vient probablement du fait que les Verts consomment plus d’aliments en conserve et utilisent des gourdes de polycarbonate.

En ce qui concerne le plomb, on ne peut pas lier ce résultat à leur mode de vie : le plomb s’accumule tout au long de la vie. Ils ont très bien pu être exposés à une autre période de leur vie et on ne le saura pas puisque le taux de plomb des enfants n’a pas été testé.

Donc, sur deux substances qui sont plus élevées chez les Verts que chez les Bruns, une seule est représentative du mode de vie. Et c’est du mode de vie qu’on veut parler dans le reportage.

Malgré cela, tout au long du reportage et de l’animation de l’émission, on fait durer le suspens en insistant sur le fait que les Verts seront surpris ou déçus. Et on conclut qu’il n’y a pas de vainqueur, que les deux familles s’équivalent.

Si vous regardez ce reportage, portez attention à ceci. Les Bruns ont un discours assurément négatif. Ils n’ont pas le temps, ils sont trop occupés pour s’occuper de peccadilles, il faut que tout soit efficace. Et regardez leur apparence, leur peau, leur manque de dynamisme. Enfin, remarquez l’attitude générale des Verts et leur apparence. Sans tenir compte des statistiques, à quel clan préfèreriez-vous appartenir?

Reportage : It’s not easy being green, Dateline NBC, 21 avril 2008.


Un timide pas de Santé Canada

22 avril 2008

La nouvelle est tombée la semaine dernière. Santé Canada commence à prendre au sérieux le problème du bisphénol A (BPA) et l’interdira dans les biberons et autres bouteilles destinées aux enfants. D’autres mesures suivront peut-être puisque maintenant le BPA est inscrit sur la liste des substances toxiques.

Voilà un pas dans la bonne direction. Un seul pas. On peut critiquer et dire que ce n’est pas suffisant, mais il faut aussi voir le contexte politique derrière tout cela. Le Canada devient le premier pays à affirmer qu’il considère le BPA comme étant toxique. Il était temps que quelqu’un le fasse. Les études s’accumulent mais sont repoussées du revers de la main par les gouvernements parce qu’un lobby des produits chimiques fait des pressions et aussi parce que les mesures pour protéger le public paraissent très complexes dans leur application.

Ce qui peut surprendre, c’est qu’au bout du compte, les enfants seront encore exposés au BPA, même si on le retire des biberons. Les boîtes de conserve, par exemple, en contiennent. La résine qui a servi à vernir votre plancher, votre table, vos meubles, peut aussi en contenir. On peut faire une longue liste comme cela. Mais selon moi, les boîtes de conserve sont une cible importante aussi. Si vous utilisez du lait maternisé préservé dans des boîtes de conserve, si vous nourrissez votre enfant d’aliments en conserve, il ingurgitera du BPA.

Autre fait important : les futures mamans et les mamans qui allaitent ne seront pas protégées par la mesure annoncée par Santé Canada. Pourtant, le fœtus est exposé durant la grossesse. Pourtant, le lait maternel est une source d’exposition au BPA.

Pourquoi parle-t-on tant des bébés et des enfants? Ils sont les plus vulnérables à ce produit. Tout leur développement est réglé par les hormones. Or, le BPA brouille les signaux hormonaux. De plus, ils sont plus exposés du fait qu’en proportion de leur poids corporel, ils mangent et boivent plus que les adultes. Sans compter que leur corps n’a pas nécessairement la même facilité à éliminer cette substance.

Alors, un pas dans la bonne direction, certes. Mais quand on entreprend un marathon, un pas, c’est bien peu!

Lire le communiqué de Santé Canada : Le gouvernement du Canada prend des mesures à l’égard d’un autre produit chimique préoccupant : le bisphénol A, 18 avril 2008.


Vent du sud

10 avril 2008

J’ai éteint mon ordinateur et les lumières de mon appartement. J’ai rangé mes soucis dans mon tiroir et je l’ai fermé à clé. J’ai pris ma petite valise par la main, direction Mexique.

Une semaine, ce n’est pas si long, mais ça fait des miracles. Aucune obligation, aucun coup de fil à retourner, même pas besoin de penser à ce qu’on préparera pour le souper. Seule question qui tienne : de quoi ai-je envie maintenant? Fermer les yeux pour apprécier le vent de la mer? Prendre un petit verre au bord de la piscine? Lire mon roman, les pieds dans le sable? Fixer l’horizon? Nager avec les poissons?

À mon départ, ma valise à roulette s’enfargeait dans la sloche et la glace. À mon retour, elle trottinait sur le gravier laissé sur la chaussée par le passage des glaciers. Et les vélos étaient sortis, fougueux comme les écureuils qui ont repris leur chasse aux trésors.

Je ne dis pas que le retour au travail soit facile. Ma pile de courrier m’implore, sans parler de ma boîte vocale et de mes courriels qui me démontrent qu’ici, on est plus à l’heure du Mexique.

Mais j’ai la tête légère et l’esprit plus clair. Si mes pas sont toujours au rythme du sud, c’est tant mieux. Ils auront tôt fait de revenir à un train d’enfer.

Air Minimal

Je n’ai pu m’empêcher de pouffer de rire en voyant l’annonce d’Air Transat allégant « Plus d’espace. Plus de confort. »

Pour les deux vols Montréal-Cancun, les sièges étaient si rapprochés que je n’arrivais pas à aller chercher le sac que j’avais dû pousser du pied sous le siège de devant, faute de place dans les compartiments au dessus de nos têtes. Je suis un poids plume, pourtant je ne pouvais pas mettre les bras le long de mon corps si les appuie-coudes étaient baissés. Mes jambes sont demeurées à 90 degrés tout le long du vol : je ne pouvais les bouger dans aucun sens. Et, bien sûr, puisque les rangées sont compactées au maximum, on n’arrive plus vis-à-vis les hublots. Avec un peu de chance, on est entre 2 hublots, ce qui permet au moins de s’appuyer la tête pour dormir. Tant qu’à ne pas pouvoir regarder dehors, aussi bien pouvoir fermer l’œil!

Le comble du ridicule : le « léger repas » servi à bord. Des mets chinois congelés de marque Wong Wing. Des boules de poulet panné (plus de pâte que de poulet) accompagnées d’un riz infect, le tout servi dans sa boîte de carton. Et si vous acceptez ce repas, pensez-y à deux fois. Non seulement vous resterez sur votre faim, mais vous resterez aussi pris avec votre tablette baissée, votre boîte, votre verre et plus assez d’espace pour le petit oreiller ni pour votre roman de poche durant de longues, longues minutes… Car le service, lui aussi, est réduit au maximum!