Dans la rue

Hier soir, revenant chez moi, je croise deux jeunes au métro Crémazie. Adossés au mur dans un couloir, ils demandent de la monnaie. Ce n’est pas la première fois que je les vois ici, je leur donne du change régulièrement. Ils sont toujours polis, reconnaissants et sympathiques.

Mon porte-monnaie était un peu loin dans mon sac, mais je décide tout de même de le sortir pour leur donner quelques sous. En fouillant, j’engage la conversation avec eux.

Un gars, une fille, la jeune vingtaine, ils sont enjoués et aiment la compagnie. Ils parlent et parlent, tiennent des propos intelligents mais dévoilent aussi des problèmes de dépression évidents.

La rue n’est pas un choix. Il me dit qu’il a cherché du travail à Montréal mais que les gens trouvent toujours une bonne excuse pour ne pas recevoir sa candidature. Il faut dire qu’il n’a pas d’autres vêtements que ce qu’il porte sur le dos, pas de tenue appropriée pour faire des démarches d’emploi.

Elle me raconte qu’ils ne mangent pas beaucoup et qu’elle a constamment mal à l’estomac. Qu’elle a bien une petite chambre où elle loge, mais c’est assez rudimentaire.

Je leur ai offert un repas avec un café chaud. C’est qu’il faisait froid hier soir!

Pour garder un lien avec le monde, elle fait des vidéos, documente sa vie. Allez lui rendre visite, laissez-lui un mot, ça lui fera du bien.

Et si vous les croisez, n’ayez pas peur d’engager la conversation. Non seulement vous passerez un moment agréable avec eux, mais vous leur rendrez un peu de dignité en ne les ignorant pas.

Une réponse vers «Dans la rue»

  1. Myriam dit :

    J’ai regardé les vidéeos…

    J’ai toujours une certaine admiration pour ce gens qui survivent à la rue. Elle est certainement très intéressante à suivre entoucas! Je me demande toujours si c’est un choix, je veux dire…Cette vie…Rejeter les obligations, le métro boulot, les conventions.

    Pour une fille comme moi qui est à 100% dans le moule, c’est tellement difficile à comprendre…

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