Se battre contre des géants

29 février 2008

Dénoncer une situation qui met la santé des gens en danger devrait être encouragé. Pourtant ceux qui sonnent l’alarme, sont souvent victime d’intimidation, quand on ne les réduit pas carrément au silence.

En Californie, les démarches pour évaluer la sécurité de l’utilisation de substances qui retardent l’inflammabilité des matériaux prennent une tournure prévisible. L’Environment Protection Agency (EPA) a remercié la scientifique responsable du groupe de travail sur le sujet, la toxicologue Deborah Rice, après avoir reçu des pressions des lobbies de l’industrie chimique.

Under pressure from the chemical industry, the Environmental Protection Agency has dismissed an outspoken scientist who chaired a federal panel responsible for helping the agency determine the dangers of a flame retardant widely used in electronic equipment.

Toxicologist Deborah Rice was appointed chair of an EPA scientific panel reviewing the chemical a year ago. Federal records show she was removed from the panel in August after the American Chemistry Council, the lobbying group for chemical manufacturers, complained to a top-ranking EPA official that she was biased.

Source: Outspoken scientist dismissed from panel on chemical safety. By Marla Cone, Los Angeles Times, February 29, 2008

Le même phénomène se produit au Canada. Plusieurs batailles du genre sont en cours ou se préparent et trouveront sur leur chemin les représentants de l’industrie chimique et d’autres industries aussi. Je ne vous dis même pas à quel point il devient difficile de convaincre des gens dont la réputation scientifique n’est plus à faire de prendre position dans certaines causes.

Nous avons besoin que les experts prennent la parole. Or l’industrie, avec ses avocats, ses relations influentes et ses gros sous, bâillonnent ceux qui arriveraient à faire progresser des causes où la santé publique est en jeu.

C’est révoltant que les gouvernements ne protègent pas mieux sa population et ceux qui sonnent l’alarme. Combien de temps encore serons-nous prisonniers des intérêts corporatifs?

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L’art de vivre le minimalisme

28 février 2008

Mon dernier billet abordait la question de l’obsolescence planifiée. Une lectrice fait remarquer que oui, les compagnies ont sûrement un rôle à jouer pour enrayer cette course effrénée au gadget dernier cri, mais que le consommateur a aussi beaucoup à apprendre.

Avant de m’endormir hier, je lisais mes magazines. La plupart des magazines que j’achète sont sérieux et disposent mal à la détente… De la science, de l’actualité politique, des trucs sur les affaires. Mais pour faire changement, j’ai mis la main sur un Châtelaine. Ça allège l’esprit avant le dodo!

Châtelaine, magazine de tendances, d’art de vivre, de consommation. Tellement de pub, même dans les articles, que c’est la dernière place où je m’attendais à trouver un appel à ralentir sa consommation!

En y revenant ce matin, je vois que je n’ai pas rêvé. « Alléger sa vie », titre l’article. Faites le ménage, gardez ce qui compte vraiment, donnez le reste. « Il ne s’agit pas d’éliminer ce qu’on aime, mais de se débarrasser de tout ce qui ne contribue pas ou plus à notre bonheur, » nous dit Dominique Loreau.

Mais surtout, avant d’acheter, pensez quelques instants… « Que vais-je faire avec l’objet que j’ai déjà? Si je n’achète pas cet objet, serai-je malheureux? Comment j’évalue l’importance de mon besoin pour cet objet? »

En plus de libérer de l’espace et de limiter les dépenses, ce qu’on n’achète pas (ou ne produit pas) ne génère pas de déchet!

Solution à la surconsommation : consommer moins, consommer mieux. Un nouvel art de vivre!

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Tu produis? Tu récupères!

26 février 2008

Ce matin, François Cardinal rapporte l’intention de Québec de forcer les producteurs d’appareils technologiques à reprendre ces derniers à la fin de leur vie utile.

C’est une avenue qui est privilégiée en Europe. Une directive à ce sujet a été adoptée en 2002 et est mise en application depuis 2007.

Pourquoi est-ce important? D’abord pour freiner la tendance lourde de l’obsolescence planifiée, qui consiste à faire en sorte que les appareils deviennent désuets rapidement pour mieux être remplacés par les nouvelles versions.

C’est grâce à ce beau concept qu’il est moins rentable de faire réparer un appareil que d’en acheter un nouveau et, donc, que les dépotoirs reçoivent les cellulaires, ordinateurs, iPods et autres bidules à la tonne.

On souhaite donc que les entreprises, contraintes à reprendre leurs vieilles bébelles, tentent de prolonger leur durée de vie un peu… et s’assurent qu’elles sont facilement recyclables.

Évidemment, j’espère qu’elles seront BIEN recyclées. J’entends par là « de façon responsable ».

Attendez-vous à ce que les entreprises rechignent et fassent pression, bien sûr. Comme cela n’est pas la norme dans le reste de l’Amérique du Nord, il faudra de la volonté politique pour mettre cela en place. Être l’exception, ce n’est pas facile.

Je suis curieuse de connaître les mesures de suivi, les pénalités imposées pour ceux qui ne respecteront pas la directive, et les structures mises en place pour que les appareils soient effectivement retournés, et non jetés.

À suivre!

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Autres billets en lien avec ce sujet :


Toqué! L’ultime gâterie

23 février 2008

À force d’en entendre parler, le restaurant Toqué! est devenu un fantasme gastronomique. Hier, ce fantasme est devenu réalité.

Nous étions cinq convives, nous nous en sommes entièrement remis au chef Normand Laprise et à son équipe. « Allez-y, surprenez-nous! » leur avons-nous envoyé.

Menu dégustation. Tout ce qu’on sait en donnant cette consigne, c’est que nous aurons sept services, cinq vins agencés, et beaucoup de plaisir. Tout est dévoilé à mesure, on ignore ce qui nous sera présenté à la prochaine apparition des serveurs.

Nous avons été plus que gâtés. Chaque plat nous charmait par sa composition, la maîtrise de sa préparation, l’ingéniosité des harmonies et des textures. Chaque vin présentait des notes nouvelles. Sans être trop complexes, ils étaient surprenants et mettaient nos sens au défi.

Dorlotés par le personnel, nous avons été servis avec finesse, souplesse et bonne humeur. Notre serveur, tout comme le sommelier, prenait le temps de discuter, de répondre aux questions, de rigoler un peu. Nous partagions le plaisir du moment avec eux.

Vous savez peut-être que Normand Laprise a un lien d’amitié très fort avec Martin Picard, du Pied de cochon. Le documentaire Durs à cuire en fait un des thèmes centraux. Nous en avons eu une bonne idée aussi hier soir.

Comme il commençait à se faire tard, Picard est venu rendre visite à son ami Laprise. Ils ont trinqué, jasé, occupé l’espace central du restaurant pendant que nous poursuivions nos découvertes un peu à l’écart. J’ai pris le temps d’aller saluer M. Laprise pour lui témoigner à quel point il nous avait ravis. Souriant et ouvert, il a reçu avec un plaisir évident mes commentaires. Il nous a proposé de visiter les cuisines et la cave à vins.

Bien que la soirée s’achevait, la cuisine était encore comme une ruche. Le personnel s’affairait à tout nettoyer avant la fermeture, les pâtissiers préparaient la finale des repas en cours. Laprise et Picard continuaient de plaisanter, le premier traitant le second de petit nouveau incontrôlable. Ce à quoi Picard a répliqué en déboutonnant sa chemise pour montrer son torse viril…

Après quoi la visite de la cave à vins semblait bien calme et feutrée. Le sommelier partageait sa passion avec humilité et simplicité alors que nous étions heureux des papilles à la panse, repus et un peu ronds…

Une visite qui vaut la peine, à condition de prendre le temps, de savourer, d’être allumés! Mais ce que je garde le plus en mémoire, c’est la générosité de toute l’équipe. On a l’impression de faire partie de la famille durant les heures qu’on passe chez Toqué! Et on a envie, bien sûr, d’y retourner.


Dans la rue

22 février 2008

Hier soir, revenant chez moi, je croise deux jeunes au métro Crémazie. Adossés au mur dans un couloir, ils demandent de la monnaie. Ce n’est pas la première fois que je les vois ici, je leur donne du change régulièrement. Ils sont toujours polis, reconnaissants et sympathiques.

Mon porte-monnaie était un peu loin dans mon sac, mais je décide tout de même de le sortir pour leur donner quelques sous. En fouillant, j’engage la conversation avec eux.

Un gars, une fille, la jeune vingtaine, ils sont enjoués et aiment la compagnie. Ils parlent et parlent, tiennent des propos intelligents mais dévoilent aussi des problèmes de dépression évidents.

La rue n’est pas un choix. Il me dit qu’il a cherché du travail à Montréal mais que les gens trouvent toujours une bonne excuse pour ne pas recevoir sa candidature. Il faut dire qu’il n’a pas d’autres vêtements que ce qu’il porte sur le dos, pas de tenue appropriée pour faire des démarches d’emploi.

Elle me raconte qu’ils ne mangent pas beaucoup et qu’elle a constamment mal à l’estomac. Qu’elle a bien une petite chambre où elle loge, mais c’est assez rudimentaire.

Je leur ai offert un repas avec un café chaud. C’est qu’il faisait froid hier soir!

Pour garder un lien avec le monde, elle fait des vidéos, documente sa vie. Allez lui rendre visite, laissez-lui un mot, ça lui fera du bien.

Et si vous les croisez, n’ayez pas peur d’engager la conversation. Non seulement vous passerez un moment agréable avec eux, mais vous leur rendrez un peu de dignité en ne les ignorant pas.


Google Groups : pas évident!

22 février 2008

Côté technologies, je ne suis pas la personne la plus hot. Mais je m’en tire mieux que la grande majorité de mes collègues. Récemment, pour deux projets, j’avais à échanger de l’information, des fichiers, des liens, des discussions. Ayant un compte iGoogle qui constitue ma page d’accueil, je me suis dit que les Google Groups seraient un bon moyen de restée branchée sur ces projets.

Je me disais aussi que Google fait habituellement des trucs qui marchent. Préjugé favorable qui commence à fondre pas mal vite.

Avec mes 2 groupes de discussion, je vais de problème en problème. Les gens n’arrivent pas à s’inscrire, cherchent des heures comment partager un fichier, ou pire, comment supprimer une page ou tout autre élément ajouté par erreur. Et les erreurs sont fréquentes puisque personne ne semble à l’aise avec le fonctionnement…

Je suis donc prise dans du support technique alors que l’objectif était de rendre le fonctionnement facile.

De mon côté, j’avoue que je cherche un peu avant de trouver les fonctionnalités, mais je finis toujours par m’en sortir rapidement.

La question est de savoir si ce sont mes collaborateurs qui ne saisissent pas ou si réellement, c’est mal fait? Et la question suivante : que devrais-je utiliser à la place de cet outil qui ne remplit pas ses promesses?