J’ai un gros rhume. Les corbeilles de mon appartement sont remplies de mouchoirs et mon nez ne semble pas se tarir! Hier soir, j’en ai eu assez de moucher sans arrêt. J’ai fouillé dans ma pharmacie et j’ai sorti la boîte de Sudafed que mon chum avait achetée. Hop! Un petit comprimé.
Habituellement, la pseudoéphédrine me décongestionne subito presto. Mais pas hier. Je me dis que j’aurais dû en prendre deux comprimés, comme la posologie le suggère. Après 2 heures, j’en prends un autre.
Toujours pas de soulagement. J’ai soudain un doute et je vais chercher la boîte.
La boîte est semblable à ce qu’elle a toujours été. Je n’en achète pas si souvent, mais rien ne m’a paru inhabituel.

Mais en y regardant de plus près, on y indique discrètement « Nouveau! » et encore plus discrètement (en caractère de 1 mm, sous un logo minuscule) « Voir nouvelle information sur la boîte ».
Avec mon œil de biochimiste, j’analyse la « nouveauté ». Je sursaute : ce n’est pas juste une nouvelle formulation, un nouvel enrobage ou une capsule plus facile à avaler… Ce n’est pas le même médicament!
Depuis toujours, Sudafed était composé de pseudoéphédrine. Certaines versions étaient à effet prolongé, d’autres étaient associés à des ingrédients actifs différents. Mais la formule originale = pseudoéphédrine.
Le problème, c’est qu’au cours des dernières années, ces comprimés sont devenus prisés par les laboratoires clandestins qui produisent de la méthamphétamine, ou « crystal meth ». Drogue dévastatrice, bon marché et à laquelle les autorités font une lutte féroce. La pseudoéphédrine est un des ingrédients de base de la recette!
Pfizer, producteur de Sudafed, a donc substitué la pseudoéphédrine par de la phényléphrine. Le genre de détail qu’on ne remarque pas sur la boîte parce que ce sont deux noms long, complexes et assez semblables.
Or, s’ils partagent plusieurs effets secondaires, leur similarité s’arrête là. Les contre-indications ne sont pas les mêmes, ni la posologie, ni même l’efficacité. Il semblerait (1, 2) que l’effet décongestif de la phényléphrine n’est pas supérieur à celui d’un placébo.
Ce qui demeure inchangé? Le nom, l’image de marque. Peut-on réellement changer l’ingrédient actif d’un médicament et conserver le même nom et le même branding?
On me dira que le nom n’est pas le même. C’est maintenant Sudafed PE. Voyez la nouvelle boîte, c’est évident! On voit du premier coup d’œil que ce n’est pas la même chose!
Évidemment, que le Sudafed original soit inoffensif pour les gens qui ont des troubles cardiaques alors que cela n’est pas le cas du Sudafed PE, c’est un détail. Tout comme le fait qu’on pouvait avaler deux comprimés de 30 mg de Sudafed, alors qu’on ne doive prendre qu’un seul comprimé de 10 mg de Sudafed PE.
Bien des gens ont du mal à lire les emballages de médicaments. Je me suis fait prendre parce que je pensais connaître le médicament que je prenais, malgré que je sois habituellement très vigilante.
Trouvez-vous cela normal?

8 janvier 2008 à 6:25 |
normal non ……….. honnêtement je n’y aurais jamais vu de différence parce que je ne connais pas assez les termes techniques pour les comprendre, j’aurais eu la singulière impression d’avoir acheté le même Sudafed sauf que même en comparant l’ancienne et la nouvelle je ne suis pas certain que j’aurais compris le changement
9 janvier 2008 à 11:22 |
Pour démontrer le problème du crystal meth: déjà quelques personnes ont accédé à cet article en suivant des résultats de recherche pour « recette crystal meth ».
En espérant qu’ils regardront le petit vidéo sur YouTube…
30 janvier 2008 à 11:16 |
[...] Je vous en avais parlé, la posologie des médicaments en vente libre contre le rhume peut mener à une confusion tellement l’affichage n’est pas [...]
6 mai 2008 à 4:34 |
Il faut en parler en parlant vrai:
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/06/crystal-meth-le-temoignage-vrai-qui-nuance-toutes-les-propagandes/
Paul laurendeau