La désillusion du Québec vert

Depuis des années, je fais de la sensibilisation en environnement. Je m’implique dans les organismes environnementaux, je diffuse de l’information, je passe aussi à l’action au quotidien.

Un jour, j’ai fait le test du Défi d’une tonne, défunt programme fédéral de réduction des gaz à effet de serre. Ils étaient bien embêtés de me dire ce que je devais faire pour réduire d’une tonne mes émissions annuelles, puisqu’elles s’élevaient à moins de deux tonnes (la moyenne canadienne était de plus de 23 tonnes/habitant/an en 2004). Leur test n’était pas d’une précision à tout casser et ne faisait pas un bilan complet des activités, alors je mets un gros bémol sur ce résultat…

Dans mon entourage, je suis une écolo modérée. Je connais des gens qui font bien plus attention à l’environnement que moi. Il y en a pour qui chaque achat est pesé et chaque papier jeté est un aveu d’échec. Il y en a qui ont changé leurs habitudes alimentaires. D’autres déballent leurs légumes à l’épicerie pour protester contre les barquettes de styromousse… Chacun à sa façon, les écolos purs et durs trouvent le moyen de réduire la pression que subit l’environnement.

Malgré tous les efforts que je fais, je me suis souvent sentie coupable dans mes choix devant ces courageux écolos.

Donc, j’avais l’impression que le virage était amorcé. Que le message passait tranquillement. Que les efforts payaient. Il y a bien certains récalcitrants, il y en aura toujours. Mon voisin qui arrose le trottoir, par exemple. Et les gens qui ruent dans les brancards quand on leur demande de ne pas jeter n’importe quoi, n’importe où (leur journal par terre dans le métro, par exemple), ou de ne pas faire tourner le moteur de leur véhicule inutilement. Mais dans l’ensemble, il semblait y avoir un consensus…

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Paf! Une gifle au visage! François Cardinal nous révèle que non, le virage n’est pas amorcé. Dans son livre « Le mythe du Québec vert », il nous fait remarquer qu’au contraire, nous produisons de plus en plus de déchets, nous ne recyclons pas beaucoup, nous polluons davantage avec nos gros véhicules, nous consommons des quantités astronomiques d’électricité…

En fait, à le lire, j’ai honte. Je suis gênée d’appartenir à cette société d’autruches qui croient qu’elle peut se permettre tous les excès et qui dénigre les Américains et le Rest of Canada… Nous sommes pires qu’eux!

Je vous le dis, aujourd’hui, je me sens ridicule d’avoir tant essayé de vous convaincre. Vous me faites penser à un fumeur qui se dit qu’il faut bien mourir de quelque chose.

 

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